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Nouadhibou-Lumières du Nord : Lamentable échec des discussions autour du code des pêches
Lumières du Nord - Le Ministre des Pêches et de l’Economie Maritime était de passage à Nouadhibou entre le 11 et le 12 mai après un long périple qui l’a mené aux localités de pêcheurs longeant la côte.
Accompagné d’une forte délégation composée de cadres du ministère, le MPEM M Nani Ould Chrougha (VOIR PHOTO), a organisé un conclave à l’IMROP pour discuter avec les acteurs du secteur halieutique l’intérêt qu’il y a à valider le projet de code des pêches.
Force est de constater que le ministre et ses coéquipiers ne sont pas arrivés, malgré la finesse et le savoir-faire de celui-ci en matière de pédagogie, à convaincre les acteurs et promoteurs de la pêche tant du secteur artisanal qu’industriel, de l’intérêt combien crucial, pour lui, d’entériner le projet de loi relatif au code des pêches.
Ces journées de réflexion de deux jours viennent après 10 mois de mise en œuvre du document d’orientation de la nouvelle stratégie de développement du secteur halieutique. Elles étaient très houleuses du fait que les acteurs du secteur n’ont pas été associés en amont et en aval à la préparation du projet.
Pour eux, cette stratégie devait être partagée avec tous les concernés afin qu’ils donnent leurs avis. En outre, selon la majorité des intervenants, le pays n’a pas mis en place, loin s’en faut, d’infrastructures fiables et capables d’accompagner la politique des quotas, cheville fondamentale, du projet de code des pêches contrairement aux pays où l’on applique cette méthode.
Pour eux, la Mauritanie n’a qu’un seul port de pêche à Nouadhibou actuellement en pleine extension mais qui était complètement pollué par des dizaines d’épaves disséminées sur le chenal et alentour. Cette zone est étroite et subdivisée en plusieurs sous-zones dédiées au tourisme, à la zone franche, aux usines de farine et à la pollution.
Ensuite, certains hommes de terrain ont mis en relief l’absence d’encouragement de la part de l’Etat: l’eau s’achète de citernes privées au port artisanal à 4000 ouguiyas la tonne, les pièces de rechange n’existent pas et doivent être amenées de l’extérieur, la pêche demande beaucoup de moyens et le pêcheur n’arrive pas à survivre, les lois sont contraignantes.
En fait, pour eux, le pays étrangle le citoyen et desserre sur l’étranger à l’instar de la société chinoise Hong Dong qui aurait toutes les facilités. Un avocat transformé depuis longtemps en armateur a souhaité qu’on n’avorte pas la décision des autorités publiques de nationaliser la pêche du poule. Selon lui, l’un des chapitres du projet de code des pêches met en exergue cette décision incompréhensible.
Il faut aussi noter que les discussions sur le projet de code des pêches ont lieu au moment où ceux qui le pilotent ; les responsables de la direction de la programmation et de la coopération sont absents : l’un est gravement malade et l’autre en mission en Espagne. Selon un haut cadre du MPEM, l’IMROP, institution de recherche devant valider cette stratégie voit son chef, Mohamd Mbareck Ould Soueilim, contre cette politique des quotas.
En fait, le MPEM, appuyé dans cette politique par la FAO et la Banque Mondiale qui aurait octroyé à l’Etat 22 millions de $ afin de l’encourager dans cette voie, cherche par tous les moyens à forcer les acteurs du secteur à accepter le projet de code des pêches.
Virulents, opposés complètement à ce code pour eux sans mesures d’accompagnement, flou et inapproprié, rien n’y fit. Ils n’en veulent pas malgré le fait que pour Ould Sadegh, le SG de la FNP, la politique des quotas préserve la ressource mais demande encore du temps pour être appliquée.
C’est donc un lamentable échec dédié à ce projet de code des pêches qui a mis les différents acteurs du secteur dans le désarroi le plus total. Soulignons enfin que l’organisatrice des journées de réflexion, la Direction Régionale Maritime, n’était pas à la hauteur, et la clôture des discussions a fini en queue de poisson.
Source : Lumières du Nord