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18-05-2015

20:30

Hygiène/santé : Faire la sentinelle fatigue plus que se promener.

« L’équilibre ne s’obtient que si le centre de gravité du corps se situe au-dessus du polygone de sustentation ». Le polygone de sustentation est la zone au sol, sur laquelle le corps repose en équilibre. Selon les lois de la physique, le corps ne peut tenir en équilibre que si le centre de gravité se trouve à la verticale de ce polygone.

C’est-à-dire la surface au sol comprise entre les pieds. Une notion d’équilibre très utilisée dans les sports de combat, en écartant les jambes, on augmente la surface du polygone et la stabilité. Pour le corps humain, la posture debout comme celle de la sentinelle, n’est pas une position de repos.

Tout le poids du corps repose en cet instant sur la plante des pieds, ce qui est fatiguant à la longue. Surtout pour maintenir son équilibre, un ensemble de muscles dits « posturaux », dans les mollets et les hanches, travaillent conjointement par ajuster une posture sans cesse perturbée par les phénomènes extérieurs à l’image de la gravité et du vent et intérieur comme les battements de notre cœur et notre respiration.

Le cerveau est informé de la position du centre de gravité par les propriocepteurs, il enclenche des réajustements au niveau des articulations des chevilles et des hanches. Le muscle le plus sollicité est le triceps sural, le muscle principal du mollet.

Il nous empêche de basculer en avant, car la ligne de gravité tombe devant les chevilles. Pour cela, il lui suffit de se contracter périodiquement, ce qui nécessite seulement 10% de son effort maximal.

Mais alors, comment expliquer la fatigue ? En passant du temps debout sans bouger, la gravité fait s’accumuler le sang dans les veines des jambes. Celles-ci sont équipées de valves qui l’empêchent de circuler à contre-courant, mais le cœur n’est pas assez puissant pour pomper complétement.

Trois mécanismes interviennent pour pallier cela, indique Alain Hamaoui, physiologiste de la posture, auteur de la citation plus haut, il s’agit « de l’appui alterné sur les semelles plantaires, qui chasse le sang vers les mollets ; la contraction périodique du triceps sural, qui fait office de pompe ; et les changements de pression cycliques dus à la respiration, qui créent une aspiration vers le haut ».

Or, si la posture debout est maintenue trop longtemps, le volume de de sang en circulation diminue, il est de moins en moins bien oxygéné par les poumons, et la pression artérielle est réduite au minimum.

Des messages d’alerte sont alors produits dans les grandes artères…jusqu’à provoquer l’évanouissement. Au contraire, en marchant, les muscles des jambes, du tronc et de la ceinture pelvienne sont mobilisés. Si cela induit un coût énergétique supérieur, il reste suffisamment modéré pour se poursuivre longtemps sans fatigue.

Et puisqu’on avance un pied à la fois, l’autre pied est toujours soulevé, ce qui accorde à une des jambes un instant de « détente » à chaque pas…équivalant à la moitié du temps de marche.

De plus chaque pas que l’on pose exerce une poussée du sang veineux vers le haut, stimulant la circulation, d’autant plus que le cœur, sollicité par l’effort, bat à un rythme plus soutenu qu’à la station debout. C’est dire que le marcheur, l’emporte de loin sur celui qui fait bonne garde.

ADN

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