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21-05-2015

04:30

Aliments de bétail : Les éleveurs crient au scandale !

L'Authentique - Partout dans le monde rural, l’indignation des éleveurs est à son paroxysme. Tous dénoncent la mauvaise qualité des intrants animaux livrés par le Commissariat à la sécuritaire alimentaire (CSA) dans le cadre du programme d’urgence mis en place par l’Etat pour venir au secours du cheptel national. Celui-ci serait menacé cette année de décimation à cause d’une sécheresse implacable qui n’a laissé intact aucune zone de pâturage.

Que cela soit à Kankossa, à Kiffa ou à Guerrou, la grogne des éleveurs monte crescendo. Les aliments de bétail livrés aux éleveurs dans le cadre du plan d’urgence exécuté par le CSA semblent être au centre d’un tel désarroi. En ces périodes de soudure et de canicule qui a déjà causé plusieurs cas de décès, le sort des hommes semble rejoindre celui d’un cheptel menacé par la faim et la soif.

A Kankossa, le drame des éleveurs et des populations semble avoir atteint des sommets insoupçonnables. Plusieurs villages auraient ainsi signé leur retour à une forme ancestrale d’approvisionnement à partir de sources d’eau. En l’absence d’eau potable, ce sont ainsi des centaines de familles qui ont recommencé à boire l’eau des étangs et des rares mares insalubres.

Cela au moment où la salinité des eaux des puits semble avoir remonté, par la baisse drastique des niveaux d’eau. A ces problèmes liés à l’approvisionnement en eau potable se serait ajoutée l’absence de pâturage. Les éleveurs avaient ainsi beaucoup misé sur le programme d’urgence de l’Etat pour la mise à disposition des aliments de bétail.

Aujourd’hui et plusieurs semaines après la visite du président Aziz dans la Moughataa, les populations en sont encore à supplier les autorités pour qu’une solution d’urgence leur soient apportée. Les éleveurs réclament la mise à disponibilité d’aliments de bétail à quantités suffisantes et de bonne qualité en plus de la révision des prix qu’ils trouvent excessif. Ils se plaignent surtout de la qualité des aliments qui leur sont livrés, constatant que la plupart est avariée. Beaucoup d’éleveurs de Kankossa ont en effet refusé de prendre les produits qui leur ont été proposés.

A Guerrou, c’est la même complainte des populations, tannées par la sécheresse, la canicule, le manque d’eau et d’alimentation pour leur bétail. Là, les éleveurs dénoncent les spéculations orchestrées par les autorités administratives qui réserveraient les aliments de bonne qualité à certains cercles bien connus, livrant le reste des stocks avariés aux autres éleveurs à des prix qui font le double de leur tarif normal.

Selon le témoignage d’un des éleveurs, la ville de Guerrou avait reçu il y a quelques jours des stocks d’aliments de bétail de bonne qualité, mais qu’elle a été cédée pendant le week-end à des privilégiés. Ces derniers les ont revendus sur le marché au double de leur prix, c’est-à-dire à 6.000 UM le sac au lieu de 3.000 UM. Ainsi, des quantités nuisibles à la santé animale auraient été proposées à la vente sans trouver de preneurs.

Ce drame, même les éleveurs de Kiffa, au cœur de la capitale de l’Assaba, le vivraient ces jours-ci. Là, également il serait question d’aliments de bétail périmés proposés à la vente, à prendre ou à laisser. Ainsi, deux livraisons de « Rackel » auraient eu lieu. Une première livraison de 50 tonnes de meilleure qualité vendue en dehors des heures de vente, sous le boubou. Puis, une deuxième livraison de « Rackel » de piètre qualité dénommée « Rackel La Puante » à cause de la mauvaise odeur qui s’en dégage, signe de son pourrissement, très nuisible pour le cheptel et que les éleveurs ont unanimement refusé d’acheter.

Une campagne de séduction menée par le CSA, aidée par les autorités administratives et leurs intermédiaires véreux battraient ainsi son plein pour en faire la promotion, sans pour autant obtenir plus de succès auprès des éleveurs.

JOB



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