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Santé/hygiène : Maladies chroniques, un cimetière pour pauvres.
Les maladies cardio-vasculaires, les cancers, les maladies respiratoires chroniques, le diabète… Ces pathologies dites chroniques font des ravages. Elles ont un impact économique considérable sur le pouvoir d’achat des patients et de la société toute entière.
De manière silencieuse les maladies chroniques font des ravages. Le coût des traitements est exorbitant. La qualité de vie des personnes affectées se dégrade par défaut d’une politique conséquente en la matière. Selon une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé intitulée : Prévention des maladies chroniques, un investissement vital, l’OMS constate qu’elles sont à l’origine de 80% des décès dans les pays pauvres.
Elles ont d’importants effets sociaux et économiques néfastes qui sont encore sous-estimés pour les familles, les communautés et les sociétés en général.
L’Oms explique qu’« à partir d’un total de 58 millions de décès toutes causes confondues dans le monde, on estime que les maladies chroniques ont représenté 35 millions, soit le double du nombre de décès dus aux maladies infectieuses (y compris le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme), aux affections maternelles et prénatales et aux carences nutritionnelles, prises ensemble ».
Par conséquent, poursuit la même source, « ces maladies chroniques freinent la croissance économiques et réduisent le potentiel de développement des pays » dont la Chine et l’Inde qui montrent une « croissance économique rapide ».
S’agissant de la Chine, l’étude révèle qu’elle va être privée d’environ 558 milliards de dollars au cours des dix prochaines années, à cause d’une forte pollution de charbon, ce pays fera face à « des décès prématurés provoqués par des cardiopathie, des accidents vasculaires cérébraux et le diabète ».
Chez nous, la prise en charge des maladies chroniques souffre de l’absence d’assistance de bailleurs. Ces derniers interviennent le plus souvent dans la prise en charge des maladies transmissibles au grand dam des pathologies chroniques qui restent sous la seule responsabilité des malades et des gouvernants.
Le problème à ce niveau demeure la pauvreté des malades, qui déambulent dans les mosquées, et l’incapacité de l’état à subventionner convenablement leur prise en charge, les pauvres sont laissés à eux-mêmes. Ces maladies ont la particularité d’être coûteuse, ruineuse et mortelle, à l’image de l’insuffisance rénale, où du diabète. La voie royale contre elles, c’est la prévention.
Témoignage d’un diabétique : Ousmane a hérité son diabète de feu son père. Pour ce fumeur invétéré qui ne prenait point rigueur d’une qualité de vie, il était en effet une véritable force de la nature. Mais, la maladie a très tôt pris le dessus sur lui, surtout qu’après un accident de voiture, une fracture ouverte au niveau de la cheville. Après la cicatrisation de cette dernière, il a continué hélas de trainer le pied, « trente ans de souffrance, c’est dur » confie-t-il.
Un accident qui l’a empêché à jamais de réaliser son rêve, devenir technicien d’aviation. Plongé dans le chômage, il s’est vite repris dans l’art cette fois, guitariste hors pair, il parcourt aujourd’hui la planète avec de jeunes talents de la musique mauritanienne. « Le diabète est pire que le sida.
C’est un mal qui ronge à petit feu et modifie toutes les habitudes de vie ». Devant le désespoir d’une guérison définitive, Ousmane a beaucoup maigri, mais en croyant, il fait face à son destin, car le pire aurait pu lui arriver après l’accident de la voiture qui a handicapé son pied.
ADN
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