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Services SR et PF de Sebkha : Les prestataires attendent une législation qui tarde à venir
L'Authentique - Le centre médical de Sebkha, centre de référence en matière de Santé de la reproduction (SR) en Mauritanie, notamment les accouchements et les problèmes de grossesse, dispose d’un service Planning familial qui enregistre une demande en forte progression.
En moyenne, le service accueille 10 femmes par jour et les hommes viennent également de plus en plus pour accompagner leurs épouses dans le choix d’une méthode de contraception pour l’espacement des naissances, selon la prestataire du centre.
Aujourd’hui, les familles mauritaniennes prennent de plus en plus conscience, situation socioéconomique oblige, selon elle, pour organiser leur vie.
Cependant pour les experts du domaine, prestataires, médecins, sages-femmes et gynéco, l’absence d’une loi sur la santé de la reproduction pose un grand problème.
Aujourd’hui, la planification familiale et les méthodes contraceptives sont circonscrites uniquement, en théorie, aux couples mariés. Pourtant la réalité démontre que les jeunes disposent d’intenses activités sexuelles, ce qui pose un énorme problème de grossesses non désirées qui s’achèvent le plus souvent par des infanticides ou des abandons de bébés.
Un phénomène qui pourrait être évité si les jeunes avaient accès légalement à des méthodes de contraception. Il s’agit d’une question très sensible dans une société mauritanienne fortement conservatrice et où l’Islam interdit tout encouragement à la débauche.
Pour le moment, les prestataires sont tenus de respecter strictement la législation actuellement en vigueur et ne délivrent des conseils en planning familial et ne distribuent les contraceptions qu’aux couples mariés.
Dans le service des CPN (consultation prénatale), la transmission mère-enfant du VIH/Sida (PTME) semble être une des préoccupations. Un bébé né d’une femme porteuse du virus ne pourra être testé, selon la sage-femme de service, qu’à l’âge de 18 mois pour vérifier sa charge virale. En cas de résultat positif, lui et sa mère sont orientés vers le Centre de traitement ambulatoire (CTA) pour des soins aux rétroviraux.
S’agissant de la principale hantise du monde médical travaillant dans la SR, le problème de la législation se pose. Selon Vatimetou Mint Moulaye, présidente de l’Association des sages-femmes de Mauritanie, « un projet de loi sur la SR a été remis au gouvernement depuis longtemps et nous attendons son approbation ».
Mais le centre de santé de Sebkha se trouve dans un environnement difficile, pris en tenaille entre le gigantesque marché qui l’enserre de tous les côtés. Les eaux stagnantes qui ont squatté une bonne partie du centre et la nature dégradée de ses bâtiments ont poussé plusieurs voix à demander son déménagement.
« Mais les populations locales refusent que l’on déplace leur centre » précise le Coordinateur du PNSR, Dr. Mahfoudh Ould Boye. Il a déclaré qu’un lot de matériels de laboratoire, d’une valeur de 267 Millions d’UM attend d’être livré au Centre médical de Sebkha qui bénéficie d’un nouveau bâtiment dont la fonctionnalité dépend justement de ce matériel.
Cheikh Aïdara