Cridem

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20-06-2015

12:30

Droits de l’Homme : Journée du réfugié africain. Plusieurs délégations de chefs de sites se retrouvent à Orkodjèré dans la région de Matam.

1°) Cridem (par téléphone). Monsieur Thierno Sow, vous êtes président des chefs de sites de réfugiés mauritaniens dans le département de Podor, que vous inspire la journée du 20 juin ?

Thierno Sow : Merci au site Cridem pour l’opportunité que vous m’offrez de parler ce de cette journée. Le 20 juin 2012, commémore en effet, la journée internationale du Réfugié Africain ; nous refugiés mauritaniens vivant au Sénégal, sommes répartis dans toute la vallée du fleuve de Saint-Louis à Bakel. Nous estimons notre nombre à plus 150.000 âmes, sans compter nos compatriotes vivants au Mali.

Cette année après Bakel, nous sommes tous aujourd’hui à Orkodjèré dans la région de Matam pour célébrer l’événement et échanger enter nous. Après 26 ans passés sous l’égide de la solidarité internationale à travers le Haut Commissariat aux Refugiés –HCR- force est d’admettre que le bilan de cet organisme est au rabais. Face aux déconvenues de nos frères retournés au pays sous sa tutelle, nous aujourd’hui en mesure d’affirmer que cet organisme est aux antipodes de sa mission historique.

Les faits étant posés depuis deux décennies, le vécu et les témoignages de tout bord doivent permettre de dégager les principaux axes de cette évaluation, car en 26 ans, comme un « remake », c’est toujours l’impasse sur tout ce qui nous concerne et que nous ne manquons pas de qualifier comme manque de volonté manifeste d’une solidarité internationale, qui ne l’est que de nom.

Nul n’ignore que les réfugiés mauritaniens que nous sommes sont avec ces retours qui n’épousent aucune norme, des réfugiés chez eux sous des tentes sans aucune pièce d’Etat civil. Aussi à Orkadjièré, les termes d’un bilan de parcours s’imposent à la lecture des événements de notre vécu quotidien.

Quelles sont vos attentes ?

2°) T. SOW : Nous demandons la reprise sans délais du recensement de tous nos compatriotes pour l’obtention de leur carte de réfugié, car les ¾ d’entre eux en sont dépourvus.

Nous dénonçons avec la dernière énergie le non respect des termes des journées nationales et concertation et de sensibilisation sur notre retour jusqu’-ici tenues et le règlement du passif humanitaire après le discours historique de 2007, de l’ancien Président de Mauritanie, Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui fût le seul a avoir reconnu pour nous le préjudice subi et avoir réaffirmer la volonté de son Etat d’assurer « Un retour digne de tous les citoyens mauritaniens déportés et refugiés au Sénégal et au Mali », mais force est de constater que le HCR avec les actuelles autorités mauritaniennes, dans une opacité totale ont laissé la montagne accoucher d’une souris.

Nous savons dans quelle situation se trouvent nos compatriotes retournés en Mauritanie.

Qui dans le pays partage avec vous ces moments de retrouvailles ?

T. Sow : L’Ira de Birama Dah Ould Abeid et Touche pas à ma Nationalité, leurs délégations nous ont confirmé leur venue. Autant nous sommes reconnaissants envers le peuple Sénégalais frère pour sa « téranga » légendaire, autant nous le sommes avec l’IRA et TPMN qui épousent notre cause et notre vécu. Quant au HCR, il semble se confiner à un assistanat au tri, au gré et aux humeurs, d’un encadrement de façade qui ont largement suffi pour les réfugiés que nous somme.

Ce que veut dire.?

4°) T. Sow : Le HCR foule du pied les principes élémentaires des droits de l’homme, force est de reconnaitre que sur le plan international, il semble être conforté dans de tels agissements, car aucun contrôle au sommet ne semble avoir été fait en 26 ans. Nous réfugiés de la vallée, invitons les Nations Unies à être plus regardant sur une tutelle qui à nos yeux n’est pas mesurable sur le terrain.

Tout en encourageant cette démarche, nous estimons que la nouvelle donne doit consister à interpeller l’opinion internationale sur les dérives du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) avec ses affidés de l’heure au niveau de la vallée, et réclamons des comptes avec l’arbitrage d’organismes internationaux avec un visage plus humain, et celui des nouvelles autorités Sénégalais, car en 26 ans les règles les plus élémentaires du droit international ont été à nos yeux fouler du pied dans la vallée. Nous avons par devers nous des preuves sur un « commerce » des plus ignobles dans cette vallée et que l’heure de rendre compte est arrivée.

Et le mouvement Yontii que les réfugiés ont mis sur pied l’année dernière ?

T. Sow : Son président Abdoulaye Diop vient d’entamer une marche avec son épouse en état de cinq mois de Saint-Louis à Louga, présentement il le couple se trouverait à NGoumba Guéoul, car le HCR n’a pas respecté ses engagements à leur endroit, pour les médicaments et l’ouverture de la mutuelle pour l’encadrement des nombreux enfants dans les camps. Le HCR est au courant des répressions et violences politiques dont nous sommes l’objet de même que les violations de nos droits et les crimes de l’Etat mauritanien.

Face au dernier remous sur la rive mauritanienne, nous devenons de plus en acculés, et la tentation de représailles hantent les plus jeunes, nous ne nous libérerons que par nous-mêmes, c’est le sentiment le plus partagé dans les sites.

Propos recueillis par ADN

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