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Le centre hospitalier de Néma : pillages « systématiques » des dons offerts par KINROSS Tasiast
Tawary - Après la visite effectuée par le chef de l’État, Mr Mohamed Ould Abdel Aziz, dans la wilaya du Hodh Chargui en Avril dernier, les habitants de cette région ont pensé que leur état de santé et les services fournis par leur centre hospitalier allaient changer.
Mais hélas, les choses se sont empirées. Le directeur général de cet établissement continue son pillage des biens de l’État. Avant la fin du mois de Mai de l’année en cours, la société Kinross Tasiast a octroyé un don de médicaments et d’accessoires d’une valeur de cent cinquante millions d’ouguiya au profit des centres de santé de la wilaya du Hodh Chargui.
Le centre hospitalier de Néma à lui seul, a eu la part du lion. Ce don était destiné à la frange à la plus défavorisée de la population qui n’arrive pas à se procurer du plus simple des traitements en cas de consultation ou d’hospitalisation.
Le directeur général du centre hospitalier qui a été vivement hué devant le président et la délégation qui l’accompagnait lors de sa dernière tournée à l’intérieur du pays par de centaines d’habitants de Néma, a demandé au pharmacien de l’établissement de procéder à la vente de ce don dans la pharmacie de l’hôpital.
Ce qui fût fait. Un informé a précisé à notre correspondant à Néma que l’argent de la vente de ces dons n’est pas comptabilisé au sein de l’hôpital et allait donc directement dans les poches du DG.
A vous rappeler que ce même DG a été accusé par les grands notables de la cité et par le maire de la ville de Néma d’avoir fait disparaître dix millions d’ouguiya l’année passée, argent offert par le chef de l’État durant la campagne présidentielle de 2014.
Selon notre correspondant, le personnel du centre hospitalier vit ses jours les plus misérables depuis la nomination de ce DG en mai 2014. Les climatiseurs ne marchent plus avec une température à l’ombre oscillant entre 42 et 48 °C. Dans la foulée, le technicien du laboratoire du centre m’a confirmé qu’avec cette température et le manque de climatisation, les résultats des examens sanguins sont souvent faussés.
Un malade peut être donc traité d’une pathologie dont il ne souffre pas. Les appareils tombant en panne ne se réparent pas et il a fallu au grand centre hospitalier d’emprunter un appareil du petit centre de santé de Néma pour assurer une continuité des soins.
Certains m’ont assuré que si l’hôpital n’est pas secouru à temps, il risque de connaitre la fuite de tout son personnel important, cette fuite a déjà commencé et risque de s’accélérer les jours à venir au moment où les habitants de Néma commencent, eux aussi, à perdre confiance à leur hôpital et se dirigent vers Nouakchott pour une simple et banale consultation.
Nourdine Cheikh, notre correspondant à Néma