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28-07-2015

21:15

Hôpitaux sans scanners à Nouakchott, un drame au quotidien

Le Rénovateur Quotidien - Une personne qui accompagne un malade dans l’un des centres de santé de Nouakchott vit comme le malade un état de détresse et de nervosité maximum. Rien dans ces endroits ne sent l’humanisme.

Une absence troublante de structures d’accueil renforce l’incertitude et le désespoir des pauvres personnes venues tenter leur chance comme ces « voyageurs clandestins » qui s’engagent t dans une aventure hypothétique. A l’hôpital national c’est aussi la mort qu’il faut enfourcher tout en priant de se tirer du péril.

Ce n’est pas la première fois que les malades se plaignent des mauvaises conditions de traitement dans les centres de santé. Il ne se passe pas un jour sans que des défaillances techniques ne se produisent et non des moindres. Les patients évacués en urgence peuvent rester des jours entiers sans pouvoir se faire diagnostiquer pour compéter leurs bilans médicaux, faute de scanner dans les hôpitaux.

C’est au CHN à l’hôpital Cheikh Zaayed ou encore à l’hôpital de l’amitié que se trouvent les scanners à moindre prestation. Or comme par hasard, il arrive que dans ces endroits, les malades soient renvoyés à faire ailleurs le scanner ou d’attendre que les choses se rétablissent dans ces hôpitaux qui refoulent de monde.

Quand dans le privé on signifie à un malade sans moyens que le coût d’une prestation s’élève à 70.000 Um pour un scanner son angoisse s’aggrave et son désespoir s’accroit. Les malades évacués en week-end ne peuvent passer l’examen du scanner du fait d’une absence de service de permanence, une règle aberrante qui exempt les équipes médicales à se relayer la garde.

Cette situation n’arrive pas à être résolue et affecte considérablement les patients en état critique. Les cas de décès par négligence ou par longues attentes sans assistance médicale adéquate prolonge les chiffres sur le taux de mortalité quotidienne dans les centres de santé du pays. Entre les discours officiels, les propagandes politiques sur les prétendues améliorations des performances sanitaires en Mauritanie et la réalité sur le terrain l’écart est énorme.

Les visites que le Président de la République effectue fréquemment dans les hôpitaux ne changent rien à la situation de laisser-aller dans les hôpitaux où les équipements sanitaires sont pour la plupart inopérationnelles, vétustes ou mal entretenues. Le scanner est passé du stade de nécessité incontournable pour l’examen médical au stade de luxe pour les malades pauvres incapable de se faire prendre en charge dans le privé.



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