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06-08-2015

14:33

Seydi Camara, présidente de l’ONG AFVD : Une humaniste, championne de la lutte contre les fistules

L'Authentique - C’est à partir de 2005, année à laquelle l’ONG française «Equilibre et Population » avait commencé ses premières réparations de la fistule en Mauritanie, à partir de la ville de Kiffa, que Mme Seydi Camara qui dirigeait déjà l’Association des Femmes Volontaires du Développement (AFVD), ONG créée en 1989, s’intéressa, elle et quelques praticiennes du secteur membres de l’association, à cette terrible maladie qui faisait ravage dans les zones reculées du pays.

L’idée prendra réellement corps à partir de la première enquête de 2005 sur la fistule obstétricale qui dévoila l’ampleur du mal et la détresse vécue par les victimes. Maladie par excellence qui touche en général les filles mariées à bas âge, mais aussi les femmes rurales qui accouchent à domicile, loin des structures de santé et sans visites préalables de suivi de la grossesse, la fistule se manifeste par l’ouverture d’une voie de communication anormale entre la vessie et le vagin ou entre la vessie et le rectum.

Elle est le résultat d'une grossesse compliquée non médicalement suivie à temps. Il s’agit d’une problématique mondiale, qui touche en particulier l’Afrique. Les victimes ne peuvent plus retenir leurs urines et même leur matière fécale. Elles sont souvent mises à l’écart, cachées même. La plupart d’entre elles perdent leur mari au cours de cette éprouvante épreuve.

Sage-femme de formation et point focal de la SR (santé de la reproduction) au niveau de la Wilaya de l’Assaba, Mme Seydi Camara déclare s’être lancée dans la lutte acharnée contre la fistule par humanisme, face à la souffrance et à la détresse des victimes.

Avec l’aide des autres membres de l’association, une structure d’accueil rudimentaire sera créée dans une cour appartenant à son époux et jouxtant l’hôpital, chacune apportant sa petite pierre à l’édifice.

Commença alors une véritable chasse aux femmes victimes de fistule qu’il fallait dénicher des coins les plus reculés de la vaste région de l’Assaba. Grâce à un partenariat solide avec l’UNFPA, à partir de son bureau de Kiffa, en 2003-2004, l’AFVD se distinguera par son dynamisme et son engagement en tant qu’auxiliaire incontournable et désintéressé de la lutte menée depuis des années par les autorités sanitaires contre ce fléau.

Les victimes, l’ONG les dénichera principalement dans la commune de Blajmil, en particulier dans les localités de MKhaïzim, Kewala, Bou Habcha, Aghoratt, jusque dans la commune de Sani et à El Ghaïra. La renommée de l’association dépassera rapidement le cadre de la Wilaya de l’Assaba et très vite, des patients lui sont référés par le personnel en service dans des postes de santé au niveau des Wilayas du Hodh Charghi, du Hodh Gharbi, du Guidimagha, du Tagant

En même temps, le plateau technique au niveau de l’hôpital de Kiffa pour la prise en charge chirurgicale des femmes victimes de fistule, s’était amplement relevé, grâce aux financements mobilisés par l’UNFPA par l’intermédiaire de partenaires internationaux, comme le Japon.

Aujourd’hui, Seydi Camara se félicite des avancées enregistrées dans le domaine de la communication et de la sensibilisation grâce aux nombreuses femmes-relais de l’AFVD. «De plus en plus, les populations prennent conscience des causes à l’origine de la fistule et les évitent. Les femmes accouchent de plus en plus dans les structures de santé, suivent davantage les visites pré et post-natales et pratiquent de moins en moins les mutilations génitales féminines » note-t-elle.



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