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Fièvre virale à Nouakchott : les populations abandonnées à leur sort
L'Eveil Hebdo - Les principaux centres de santé de la ville sont pris d’assaut, en cette fin de période hivernale, par plus d’une centaine de malades qui ne savent plus à quel saint se vouer. Tous souffrent d’une fièvre virale dont les principaux symptômes sont : maux de tête, température élevée, courbatures, nausée et vertige.
D’autres malades sans doute plus nombreux préfèrent se traiter chez eux, craignant le déplacement dans les hôpitaux déjà engorgés. En dépit de cette épidémie qui pourrait bien avoir fait des victimes, les autorités gouvernementales et sanitaires brillent par leur absence et les populations se sentent abandonnées.
En fait cela fait plusieurs mois, qu’une fièvre dite de Teyarett avait fait son apparition dans la banlieue Nord de Nouakchott. Puis petit à petit le mal s’est propagé dans toute la ville. Aujourd’hui, il suffit de se rendre dans les services d’urgence de nos structures hospitalières pour constater les dégâts.
Les patients sont couchés à même le sol avec des perfusions. Les cabinets et autres pharmacies disséminés dans les quartiers de la banlieue ont profité des malheurs des démunis pour faire flamber les prestations. Une perfusion atteint 8000 Um. L’épidémie est si grave que le personnel de santé, débordé, a fini par lancer un S.O.S en direction des pouvoirs publics pour une action énergique et urgente au profit des populations.
La fièvre dite « fièvre de Teyarett » sévit désormais de manière alarmante et épidémiologique dans la ville de Nouakchott, touchant plus de la moitié de ses habitants.
Nombre d’entre eux luttent depuis plusieurs jours contre la mort. Et certaines morts constatées ces jours ci sont suspicieuses et pourraient bien avoir un lien avec cette maladie. Par ailleurs, de sources médicales, il y aurait plus de malades qui ont décidé de rester chez eux que ceux qui ont finalement été conduits, en ultime recours, dans des centres de santé privés et publics. Ici et là, la situation est catastrophique, constate en substance le corps médical qui se dit dépassé par l’ampleur de la catastrophe sanitaire et qui, face à l’épuisement des stocks de perfusion, se trouverait dans l’obligation d’obliger les patients à s’approvisionner en médicaments dans les pharmacies privées.
Le pire, est qu’aux dernières nouvelles, ces dernières seraient en rupture de stocks ! Partant, la situation sanitaire est des plus graves dans la ville de Nouakchott avec une fièvre dont les origines semblent encore inconnues.
Les avis sont ainsi très partagés au sein du personnel médical où l’on parle parfois d’une fièvre épidémique ou épidémiologique, parfois d’une forme particulière de paludisme, parfois de la Dengue. En tout état de cause, il semble qu’il n’existe pas de traitement spécifique pour cette fièvre sévère, selon le corps médical qui retient en substance qu’il s’agit d’une maladie virale transmise par les moustiques qui s’est propagée ces derniers mois de faon spectaculaire dans la ville de Nouakchott et même dans certaines régions du pays. Toujours selon les médecins, la maladie évolue de manière exponentielle dans les périphéries de la capitale, avec des variations locales de risque surtout fonction des précipitations, de la température et de l’urbanisation rapide et non maîtrisée.
Curieusement, et en dépit des ravages qu’elle commet, le ministère de la santé ne s’est pas officiellement prononcé. Seul un médecin mauritanien a rompu le silence, affirmant qu’il s’agit bel et bien de la fièvre de la dengue conseillant aux patients de s’abstenir de prendre de l’Aspégic alors que d’autres associent ce médicament à des antipaludéens pour lutter contre cette fièvre qui, en plus des maux de tête, de la fièvre vous ôte tout envie de manger.
Pourtant au Sénégal voisin, le Ministère de la Santé a publié un communiqué appelant à la prudence face à cette épidémie qui sévit dans la sous région. La ministre de la Santé et de l’Action Sociale, Mme Awa Marie Coll Seck a invité, dans une correspondance adressée à ses services sanitaires décentralisés, « au renforcement de la surveillance épidémiologique et à effectuer un prélèvement sanguin face à toute personne répondant à la définition de cas conformément aux directives de l’Institut Pasteur ». Côté mauritanien zéro au compteur.
PS: Certaines mauvaises langues notent que le moustique responsable de cette épidémie s’appelle « Mesgharou » à cause de sa couleur et que le traitement pour lutter contre cette fièvre coûte 6000 comme le montant de la contravention que donne le GGSR.