Cridem

Lancer l'impression
23-10-2015

11:51

Toile de fond : Biram, un détenu pas soumis aux mêmes règles

"On peut tuer un homme mais on ne peut tuer une idée" (Nelson Mandela). Insensible au sort de Biram Dah Ould Abeid, l’Etat mauritanien ne veut pas désarmer et refuse de prendre conscience de sa responsabilité dans ce qui lui arrive. Malade, le leader abolitionniste, dans sa prison d’Aleg, l’est. C’est un fait. L’opinion nationale (et même internationale), par différents communiqués a alerté, de même que les structures de défense des droits de l’homme du pays.

L’Initiative de Résurgence Abolitionniste –IRA- qu’il dirige, a une vocation particulière, celle d’une mission sacerdotale, laquelle fait de la lutte anti esclavagiste, une bénédiction pour tous ceux qui continuent à subir tant de vicissitudes au cours de leur vécu, le droit et les moyens d’une existence libre propre à eux parmi les mauritaniens. Est-ce trop demander ?

La différence du statut social, la caste dans une même religion, ne peuvent plus être évoquées pour dénier aux haratines les mêmes droits qu’aux mauritaniens. En conduisant la marche historique du pèlerinage d’Inal, celui que l’on veut tuer à petits feux dans un mouroir à Aleg, a fourni à l’ensemble des mauritaniens la preuve de son courage et de son patriotisme et n’a plus besoin d’une autre réputation pour garder sa motivation de défenseur des droits de l’homme.

En ce troisième millénaire, en partageant une page des réseaux sociaux, on se rend compte qu’il n’y a plus compte de soutenir la prédominance de l’un sur l’autre. Nous sommes tous devenus frères d’un même village planétaire où la Mauritanie est un quartier du monde et Nouakchott une simple ruelle de celui-ci.

Musulmans à 100%, on ne peut prêcher la tolérance religieuse sans la réclamer pour tous. Une telle démarche à elle seule n’aura-t-elle pas quelque chose de respectable, d’humain si elle était faite à Biram ? Mais la justice mauritanienne est placée sous coupe réglée d’un exécutif qui lui dicte la voie. Pourtant l’indépendance des juges suppose pour eux une marge de manœuvre leur permettant de trancher.

La maladie de Biram et la non-assistance à son endroit sont un déni de justice. C’est ce que dit la lecture en filigrane de la lettre adressée le 21 aux autorités du pays par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme –FIDH-, aucune justice sous peine d’être totalement discréditée, ne peut se permettre de ne pas répondre présente quand elle est saisie de faits avérés punis par la loi.

La non-assistance médicale est un crime humanitaire. Quant à l’Etat mauritanien, il espère certainement bénéficier d’un certificat de bonne conduite, s’il arrivait malheur au président de l’IRA.

ADN

Copyright © 2015 Cridem

 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org