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Droits de l’homme/ La narration du fils du soldat
Le fils d’un soldat m’a dit ; « Nous somme le 10 décembre, qui commémore la journée des droits de l’homme, et je suis le fils d’un militaire, mais je n’ai connu mon père. Le 28 novembre dernier à Nouadhibou, ses frères d’armes commémoreront tous, les cinquante-cinq ans de notre accession à l’indépendance sans lui. Pourtant mon père a été sous les drapeaux de l’honneur, mais pas de la fraternité encore moins de la justice.
Mon père a été exécuté pour célébrer le 28 novembre ». Défiler pour défiler, pourquoi ce ne serait pas le tour de ses geôliers de venir parader, la fleur au fusil pour une fois, s’incliner devant leurs tombes, lui et ses amis qui ont servi sous les drapeaux de la mère patrie.
Compatir au désarroi de leurs familles qui sont encore en vie mais n’ont jamais été payés à la hauteur de leurs droits, et enfin, faire leur propre introspection et exprimer leur repentance ?
Pour les droits de l’homme, « Plutôt que de sacrifier au folklore d’une parade militaire, je demande à tous ceux qui ont marqué le pas avec nos pères, de se plier à un examen de conscience, vingt cinq ans après, mesurer l’abîme qui sépare encore les rêves de la réalité, car le 28 Novembre n’est plus une gloriole ».
Mais puisqu’il s’agit ici d’exhiber l’armée et non de faire son bilan à mi-parcours, le minimum serait d’exiger que l’armée reconnaisse qu’elle a soldé ses comptes à l’endroit de l’une de ses composantes. Composantes, qui l’avaient servie et s’étaient sacrifiés pour elle.
Et le fils du soldat de poursuivre, « les héritiers de ces combattants oubliés que nous sommes, porteront toujours les revendications, auxquelles la Mauritanie, peut rendre justice, définitivement et solennellement, pour boucler un demi-siècle d’occasions manquées ».
« Je m’interroge sur ce qu’a fait mon père contre les intérêts de son propre peuple ? En constituant l’essentiel des effectifs de son armée? En participant à une guerre qui n’avait pas prioritairement pour objectif la défense des droits humains ? Ses amis et lui, n’y ont-ils pas aussi été d’un apport décisif comme chair à canon ? ».