13:51
Tidjikja : Plus d’une soixantaine de palmiers détruits par le charançon rouge
Le Calame - La lutte, pour éradiquer le charançon rouge, ennemi des palmiers apparu, il y a quelques mois, en plusieurs palmeraies de l’oued de Tidjikja, à El Wasta précisément, se poursuit activement.
Mise sur pied par le Projet de Développement Durable des Oasis (PDDO) et la direction de l’Agriculture, la commission de suivi est toujours à pied d’œuvre. Son action consiste à dénicher, sur tout l’oued, détruire tout arbre infecté et sensibiliser les exploitants.
D’ailleurs, ces derniers jouent déjà un grand rôle dans la circulation de l’information, reconnaît Ahmedou ould Abdallah, coordinateur régional du PDDO. Ce sont désormais les paysans eux-mêmes qui, instruits des symptômes, prospectent et signalent les attaques. Les palmiers affectés sont alors coupés et transportés, hors de la ville, pour être brûlés dans les incinérateurs installés à cet effet, en accord avec l’administration.
Leurs racines sont brûlées sur place pour éviter toute possibilité de régénération. La vigilance est donc bel et bien de mise, pour arrêter les pertes déjà enregistrées par plusieurs propriétaires de z’riba.
Les pertes chiffrées
Plus d’une soixantaine d’arbres ont été détruits par le prédateur, dans une douzaine de palmeraies. Les traces en sont surtout visibles chez maître Mine ould Abdoullah dont la densité de la z’riba et la qualité des espèces sont célèbres dans tout Tidjikja. Dix-sept de ses palmiers, dont la moitié en Mehboula – une qualité prisée des oasiens – ont été ravagés.
« Nous avons perdu les palmeraies à forte production », déplore le chargé d’entretien de la z’riba. Mohamed ould Didi et Mohamed Abdallah ould Zeïn ont, eux, perdu respectivement dix-huit et quinze palmiers dont quatorze jeunes. Dix propriétaires, au total, ont subi des pertes.
Mobilisation des producteurs
Aussitôt informés de la première attaque, les producteurs de Tidjikja résidant à Nouakchott ont sonné l’alerte. Une réunion fut convoquée à l’hôtel Wissal, pour le partage d’informations et des mesures à prendre. Après un exposé sur l’insecte incriminé et ses modes de destruction, une commission de dix personnes fut mise sur pied et se rendit, aussitôt, sur le terrain pour appuyer celle déjà dépêchée sur les lieux pour la sensibilisation. Après avoir rencontré les techniciens et l’administration, elle tint meeting avec tous les exploitants. Depuis, elle suit, de près, l’évolution de la situation sur le terrain.
Pièges et incinérateurs
Pour éradiquer le prédateur qui peut se déplacer loin, à la faveur du vent de sable qui souffle fort, en cette période de reproduction des palmiers, quatre pièges ont été installés, par le PDDO, en plusieurs palmeraies, affirme son coordinateur régional. Ils contiennent des phéromones analogues à ceux produits par la femelle du charançon.
Ce composé a déjà fait ses preuves dans les pays du Golfe où l’on tente d’exterminer le terrible ennemi des palmiers. Le jour de notre passage dans l’oued, on nous a signalé la capture d’un charançon dans un de ces pièges. Il y a longtemps que cela n’était arrivé.
Même si le mal n’est pas encore éradiqué, les efforts déployés, par les services techniques, l’administration et les propriétaires de palmiers contribuent à le circonscrire dans une petite zone de l’oued qui s’étire sur 40 kilomètres, en amont et en aval de la ville. Pourvu que cela dure !
Signalons enfin que cet insecte redouté des palmiers, que les pays les mieux outillés, au Golfe, en Asie et en Europe, peinent à éradiquer, s’est introduit à Tidjikdja, avec l’importation de rejets exogènes. Pour améliorer leur production et diversifier les espèces, certains propriétaires nantis s’y sont adonnés, sans mesurer les risques qu’ils faisaient encourir à tout l’oasis.
DL