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RADDHO : Déclaration sur la crise post-électorale au Gabon
RADDHO - La
Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de
l’Homme (RADDHO)
exprime sa vive inquiétude
face à l’escalade de la violence après la proclamation des
résultats de l’élection présidentielle au Gabon,
le
Mercredi 31 Août 2016,
par le Ministère de l’Intérieur annonçant
la victoire de Ali Bongo Ondimba avec
49,80% des voix contre 48,20% pour son Challenger
Jean Ping, ancien Ministre des Affaires étrangères
du défunt Président Oumar Bongo et ancien Président
de la Commission de l'Union africaine.
La RADDHO rappelle que cette élection présidentielle à un seul tour avait mobilisé 627 805 électeurs e
t
enregistré un taux de participation de 59,43%. Les
suffrages exprimés étaient de 358 890 voix à partir
desquels il fallait calculer le nombre de voix de chacun des deux principaux candidats.
Bien que l'élection se soit déroulée dans un pays situé au centre du continent africain, la RADDHO déplore
qu’aucun Etat membre de l’Union Africaine n'ait ré
agi pour inviter les acteurs politiques des deux camps à
la retenue et à privilégier une solution de sortie
de crise pour éviter que le Gabon ne sombre dans un
chaos total.
En dehors du communiqué de presse de la Présidente
de la Commission de l’Union Africaine condamnant
la violence post-électorale et appelant les parties
à privilégier une solution pacifique à la crise né
e de la
contestation des résultats électoraux, aucune initiative diplomatique africaine sérieuse n’a été entre
prise
pour contenir la crise et surtout soutenir le Peuple gabonais dans sa quête d’une démocratie réelle.
Les réactions jusque-là enregistrées émanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de la France, de
l'Union Européenne et des Etats-Unis d’Amérique.
Une telle inaction africaine est déplorable, voire
condamnable.
Face à une telle situation aux conséquences incalculables, la
Rencontre Africaine pour la Défense des
Droits de l’Homme (RADDHO)
:
•
Condamne
avec
fermeté les violations des droits humains perpétrée
s par les forces de l’ordre
depuis la proclamation des résultats de l’élection
présidentielle
;
•
Exige
que les auteurs de ces actes inqualifiables soient
identifiés et traduits devant les tribunaux ;
•
Lance
un appel
aux deux camps adverses
pour l’arrêt immédiat de l’escalade de la violence
dans
l’intérêt du Peuple gabonais souverain et qui est l
e dépositaire de la légitimité populaire ;
•
Demande
à l'Etat gabonais de mettre un terme à l'usage disproportionné de la force et aux
privations de liberté des opposants sans fondement
légal ;
•
Demande
aux
forces contestataires de cesser les actes de violence, les pillages et autres actes de
nature à porter atteinte à la paix et à la sécurité
publique ;
•
Exhorte
le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine à se réunir immédiatement pour
mettre un terme à la violence post-électorale et
œuvrer à la recherche d’une solution de sortie de
crise ;
•
Invite
la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale à se joindre aux initiatives de la
Commission de l’Union Africaine visant à trouver un
e solution à la crise gabonaise ;
•
Demande
aux Gabonais d'œuvrer pour la paix et la concorde nationale et de privilégier la
recherche consensuelle de solutions aux dérives de
leur système politique actuel.
Fait à Dakar, le 02 Septembre 2016
Le Secrétariat Général