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Toile de fond | la Mauritanie, un pays loin des vraies valeurs
« Ce que j’ai accepté, mon fils ne va l’accepter ». Mourtodo Diop de Bagne.
On a tendance à se demander dans un pays comme le nôtre, si la protection des droits de l’homme peut représenter un objectif approprié pour la stabilité d’une nation. Oui ! Sans hésitation, positive et cela pour deux ordres de raisons.
Tour d’abord parce que l’expérience nous a montré que les pays démocratiques et respectueux des droits de leurs citoyens, sont généralement moins dangereux pour la paix et la stabilité interne. Ces pays placent aussi de vraies valeurs au centre de leurs préoccupations politiques.
Il y a des principes pour lesquels on ne peut admettre de dérogation ; la vie humaine, la dignité humaine, n’ont pas de passeport dans la souffrance. Y faire face, c’est une valeur en soi. Le respect de la vie humaine, donc de la personne. L’expérience nous apprend que si l’on veut rétablir un minimum de justice est que la paix des cœurs ne soit plus une simple trêve, il faut punir le crime.
Des crimes abjects, le pays en a connu, mais il reste loin du principe de la responsabilité de ces auteurs, qui sont loin de l’application effective des règles de droit et, par conséquent de leur punition coupable. Une impunité, qui si l’on n’y prend garde, va engendrer inévitablement, un désir de vengeance.
Le discours radical sur les réseaux sociaux de certains jeunes prêts à en découdre, « globalise » cette frustration, car il y a des moments où il faut trancher.
Les fils de ce pays ne sont plus résigner à toutes ses horreurs. La Mauritanie a ratifié toutes les lois existantes sur l’application de l’état de droit, sans en faire des symboles.
Si non comment expliquer que le dialogue national inclusif, ne partage avec tous les mauritaniens, « l’égalité des langues » ? Loin d’apprendre du passé, pour voir quels sont les problèmes qui sont devant nous, on essaye plutôt l’esquive par de différents alibis, voire des excuses, qui se cachent derrière ou qui mettent en avant des opinions contraires.
En ce mois de novembre, des soldats se sont rendus de dérapages graves sur d’autres soldats. Ils seront jusqu’à ce jour, loin de toute enquête nationale, mais aussi internationale à s’occuper de cette affaire.
Voilà, ce qui est l’effet boule de neige, qui fait que sans un minimum de sentiment de justice, le pays reste en dehors de la loi et du droit, pourtant, par lui, ratifiés. L’histoire est là pour nous dire qu’aucune juridiction n’est née pour que justice leur soit rendue. A leur enfants, on peut leur demander de pardonner, mais pas d’oublier.
A ceux qui ont osé se battre pour atteindre des objectifs réalistes, même pacifiquement, ils sont restés sur leur faim de ne pouvoir rendre possible, la mise en route aussi attendue que nécessaire, que le projet du « vivre ensemble ». Mais, il y a une fin en tout.
ADN
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