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"Le gouvernement n'acceptera pas la pratique de la torture et a pris les mesures de nature à l'empêcher" (Ministre de la Justice)
AMI - L'Assemblée Nationale a consacré la séance plénière qu'elle a tenue, mardi soir à Nouakchott sous la présidence de M. El Khalil Ould Teyib, son premier vice-président, à la réponse du ministre de la justice, Me Brahim Ould Daddah sur une question orale présentée par le député Mohamed Ghoulam Ould El Hadj Cheikh.
Dans sa question, le député a rappelé que la Mauritanie a adopté deux lois contre la torture et pour la création d'un mécanisme national de prévention de celle-ci. Il a ajouté que ces deux lois ont été grandement saluées par les citoyens et ont été d'un grand apport pour notre arsenal juridique.
Le député a précisé que malgré ces lois, il continue de voir de manière permanente des phénomènes contraires à l'esprit et aux dispositions desdites lois, comme la bastonnade des citoyens manifestant pour exprimer leurs avis, l'atteinte à leurs dignités personnelles, la pratique de différentes sortes de torture dans les commissariats de police et dans les prisons, selon les dires du député.
Le député a appelé le ministre à donner des explications à l'opinion publique nationale sur les causes des atteintes répétées à la loi et les mesures prises par le département de la justice pour mettre fin à la torture.
Dans sa réponse, le ministre a passé en revue les lois adoptées par la Mauritanie pour lutter contre la torture et pour l'incriminer, soulignant que le gouvernement a, en plus de cela mis en place un mécanisme national de prévention de la torture et a réuni toutes les conditions pour lui permettre de mener à bien sa mission.
Il a précisé que ce mécanisme pour lequel 112 millions d'ouguiyas ont été mobilisés cette année, notant que ses membres ont bénéficié d'une formation dispensée par une association de lutte contre la torture basée à Genève pour leur permettre d'acquérir les compétences nécessaires et de jouer leur rôle de façon professionnelle.
Le ministre a souligné que les prisons dans le pays sont ouvertes devant tous les membres de ce mécanisme, indiquant que tous ceux qui sont concernés par la question et qui ont visité nos prisons ont affirmé qu'il n'y existe aucune forme de torture.
Le ministre a noté que la responsabilité du maintien de la sécurité et de la stabilité revient au gouvernement et que celui-ci n'acceptera jamais l'anarchie et l'insécurité s'installer dans le pays, qu'il assurera la sécurité du citoyen et de ses biens personnels et publics et qu'il fera face à tous ceux qui tenteront de porter atteinte à la cohésion nationale.
Il a précisé que les personnes, dont les photos ont été exposées par le député et sur la base desquelles il prétend qu'ils ont été victimes de tortures, ont été transférées à la prison pour avoir commis des délits, soulignant qu'il dispose d'un flash disque contenant des photos vivantes montrant l'un de ces personnes alors qu'il était en train de mettre le feu à un bus et un autre au moment où il agressait un policier.
Il a catégoriquement nié l'existence d'aucune forme de torture dans les centres de détention en Mauritanie, précisant que les photos exposées par le député ne valent rien car les nouvelles technologies permettent désormais de manipuler les photos et de les monter pour servir des objectifs personnels.
Le ministre de la justice a souligné que le gouvernement mauritanien ne tolérera jamais la pratique de la torture, précisant que les pouvoirs publics ont pris les mesures nécessaires pour l'empêcher et indiquant que le ministère n'a pas été saisi d'une plainte en la matière.
Il a conclu son intervention par la présentation d'un exposé sur plusieurs dossiers et verdicts rendus par la justice mauritanienne au cours de l'année écoulée.
Les députés ont mis en exergue, dans leurs interventions, l'importance de cette question, qui a permis d'éclairer l'opinion publique sur les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la torture, appelant à mettre les détenus dans les conditions appropriées garanties par la loi.