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Tunisie : héritage, droits des femmes, liberté de culte… Le rapport réformateur de la présidence
Jeune Afrique - Après la Constitution de 2014, les recommandations du rapport de la Commission des libertés individuelles et de l'égalité (Colibe), dévoilées le 12 juin, constituent un tournant de la révolution tunisienne.
Publié le 12 juin, le document final des travaux de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) met en conformité le corpus juridique tunisien avec les principes d’égalité et de liberté inscrits dans la Constitution et les conventions internationales signées par la Tunisie. Un travail de fond conduit depuis août 2017 par des juristes à l’initiative du président de la République, Béji Caïd Essebsi.
Un document majeur
La mise en perspective des lois actuellement en vigueur avec les principes de la loi fondamentale met en exergue les textes obsolètes, notamment ceux hérités de la période coloniale qui distinguent les musulmans des non-musulmans en matière de droits.
La présentation du rapport assorti cet état des lieux à des suggestions d’abrogations, d’amendements et de nouveaux textes de loi avec différentes options.
Il reviendra à la présidence de la République de soumettre les propositions à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour adoption. Cela ne se fera pas sans débats. Le rapport de la Colibe est un document majeur, le plus progressiste produit par la Tunisie après le Code du statut personnel (CSP) de 1957 qui octroie de larges droits aux Tunisiennes. Il n’en est pas moins respectueux de toutes les sensibilités et à même de réunir les plus larges suffrages.
Un contenu réformateur
Pas de démocratie sans prise en compte des droits humains, tel est le principe qui sous-tend l’esprit du rapport. Dans un contexte social conservateur, le projet de la Colibe fait tomber les tabous en puisant également dans les références religieuses et en rendant compatibles les réformes recommandées avec une lecture éclairée du Coran.
Les dispositions mettent l’humain et ses droits au cœur du processus social alors que, jusqu’à présent, la communauté prenait le pas sur l’individu
L’homme n’est plus l’unique chef de famille
Ce rapport est un acte de civilisation, une révolution », affirme Monia Ben Jemia