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Grèves, réquisitions, stations à sec : la France manque de carburants
RFI - Le gouvernement français a mis sa menace à exécution : face aux grévistes de groupes pétroliers déterminés à poursuivre leur grève pour les salaires, il a lancé une première réquisition, mercredi 12 octobre, pour débloquer un dépôt de carburant.
TotalEnergies a annoncé qu'il allait recevoir individuellement les syndicats représentatifs du groupe pétrolier.
C'est sur le dépôt de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime), propriété du groupe Esso-ExxonMobil, que la réquisition doit se faire, selon un mode opératoire bien défini.
Le préfet envoie gendarmes et policiers au domicile de plusieurs salariés. Les quelques grévistes indispensables au déblocage -une équipe de deux ou trois personnes pour le déstockage des cuves de carburant- doivent se voir contraints de venir travailler, sous peine de sanctions pénales.
Pour les dépôts, le redémarrage serait immédiat. La procédure est assez simple, puisqu'il suffit d'ouvrir les vannes pour les camions. Mais pour redémarrer la production à la raffinerie, il faudra au moins deux semaines, a indiqué le ministère de la Transition énergétique.
Ce premier recours à la réquisition – qui ne concerne pas les opérations de la raffinerie et donc la production de carburant – suscite la colère des syndicats. Malgré cette menace brandie pour la première fois par la Première ministre Élisabeth Borne, les grévistes ont décidé de poursuivre leur mouvement, prolongeant les pénuries qui affectent la France entière.
Outre des dépôts de carburant, six des sept raffineries françaises sont en grève. Mardi 11 octobre, à 18h00, 31,3% des stations-service manquaient d'un ou plusieurs carburants, et la proportion était pire dans dans les Hauts-de-France (44,8%) et en Île-de-France (44%).
RFI